L'OPPOSITION : quel avenir ?

Depuis le 23 octobre, L’opposition essaie d’être alors qu’on ne lui a laissé aucune alternative pour exister!!

 

L’opposition, un concept inadéquat aujourd’hui ?

Le concept

d’opposition, jusque là destinée aux partis sans voix, était à redéfinir lors de l’écriture de cette constitution… Qu’est ce qu’un parti d’opposition sinon un minorité qui s’exprime et qui possède certains droits (à définir au sein de l’ANC) !! Mais cela n’a même pas été abordé lors de l’écriture de la loi organisant les pouvoirs !!! On n’a parlé que de POUVOIR et on a omis de parler du CONTRE-POUVOIR… Du coup, l’opposition, sans voie, gigote et se débat. Les partis d’opposition n’arrive pas à avoir d’impact dans le processus de transition démocratique.

 

Être dans l’opposition : un mauvais choix ou un choix réfléchi ?

Ettakatol l’a compris très vite mais n’a pas mobilisé ses alliés naturels. Au contraire, briguant le pouvoir, il n’a pas pris le temps de fédérer.

le CPR l’a également compris et s’est même allié au parti islamiste pour gagner les élections ce qui lui a valu d’y perdre son âme.

Al Jomhouri, ou ANC, l’a compris trop tard et a fini par appeler à un gouvernement de sauvetage (le nom m’échappe).

Ettajdid ou el Massar ne l’a jamais compris car éternellement dans une position d’opposition.

Nidaa Tounes l’a également compris mais son approche semble différente de celle du TAK, ferme et non soumise. Il pourrait adhérer à un gouvernement d’union mais sous réelle condition. Mais aura-t-il droit au chapitre ?

 

 

Quel avenir pour l’opposition ?

Dès lors, que l’on comprend que l’opposition n’a pas d’outils pour pour influer sur la transition, la seule manière pour elle d’exister serait d’accéder au pouvoir ou de reprendre le pouvoir !! Ayant loupé l’accès au pouvoir via ce gouvernement, elle n’a d’autre choix que d’essayer de gagner les prochaines élections. Cela ne garantit aucunement une bonne transition démocratique mais cela atténuerait quelque peu le raz de marée islamiste..

Mais les laissera-t-on faire ? Car étant les maîtres du jeu, la Troika fera tout pour définir les règles à son avantage. Elle s’arrangera pour mettre en place tous les mécanismes lui permettant de garder ce pouvoir :

  • les élections seront faites sur mesure (si présidentielle, cela se fera en un tour),
  • l’isie sera biaisée (tardivement constituée pour une meilleure inefficacité),
  • les partis seront maintenus dans l’émiettement absolu (les courants islamistes internes aux partis y travailleront fortement),
  • la société civile muselée (contrôle des financements),
  • un système policé qui met en danger le processus de transition démocratique
  • les médias sous contrôle,
  • et la justice à la botte du parti hégémonique

Quel avenir pour ces partis d’opposition progressistes ?

La question serait plutôt celle ci : l’opposition a t-elle un avenir à court terme ? Et là, la réponse semble évidente : l’opposition est affaiblie, sans moyens, sans vision, peu crédible et pas organisée. Donc à moins d’un miracle, l’opposition est anéantie. Pour exister et faire face à ce raz de marée conservateur, l’opposition n’a d’autre choix que :

  • de s’unir : faute d’union les partis récolteront des miettes. Un grand risque d’abstentionnisme semble se profiler . les questions visant à sauvegarder l’identité ou les intérêts d’un parti n’a plus lieu d’être!
  • de s’organiser en mettant en place un réelle démocratie interne, un règlement intérieur, etc.
  • de veiller à la transparence et au respect des règlements (recours à des mécanismes externes)
  • de s’entourer de stratèges : ils ont bien été jusque là incapable d’être à l’écoute des experts en stratégie (communication, organisation, etc.)
  • d’avoir un réelle vision : il y a lieu de sauvegarder les courant politiques et cela peut être résolu structurellement (comme par exemple la garantie de l’existence d’un courant socialiste dans le bureau politique).
  • de donner une position claire relativement à l’emploi, aux droits de l’homme, à la justice transitionnelle, à l’éradication de la corruption, aux médias et à la justice.
  • de rapidement constituer une liste commune de 217 candidats élue démocratiquement
  • d’annoncer clairement la structure du prochain gouvernement et de respecter le jeu démocratique : un premier ministre issu de la majorité.
  • et de convaincre leur électorat. Mais comme chat échaudé craint l’eau froide, tant que les choses ne sont pas concrètement définies et la gouvernance interne pas claire, tant que les citoyens tunisiens demeureront très frileux…

 

Bref, rien n’est garanti : la dictature risque très

vite de revenir et le pays semble être en bonne voie pour une islamisation à la mode iranienne…

Sélima ABBOU

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