L'espoir est permis…

Grâce à des parents éclairés, je me suis nourrie d’art et de culture depuis ma tendre enfance. J’ai éprouvé mes plus fortes émotions devant des toiles célèbres, dans des musées ou expos,

en écoutant des musiques dans des salles de concert, en regardant des films dans des salles de cinémas, en lisant des romans avec des « mots ciselés comme des diamants ». J’ai pleuré de rage en recevant, tel un coup poing à la figure, la pièce de théâtre Khamsoun, de Jalila Baccar et Fadhil Jaibi, il y a environ 5 ans, qui m’a ouvert les yeux sur le gâchis de la bipolarisation et de 50 ans de dictature. J’ai pu respirer sous l’oppression grâce à cet air de liberté que seuls l’art et l’amour de la vie nous offraient, et j’ai vu tant d’âmes s’élever grâce à l’art et à la culture.

J’ai trouvé certaines oeuvres exposées à Al Abdellyia laides, vulgaires, incongrues. J’ai trouvé que certains artistes étaient provoquants et qu’ils auraient peut-être dus s’abstenir de cette provocation en ces temps difficiles pour notre pays, mais je n’ai vu aucune oeuvre clairement blasphématoire ou offensant nos valeurs sacrées. Mais en mon âme et conscience, je ne peux accepter que les artistes soient ainsi jetés à la vindicte populaire et sacrifiés sur l’autel de la politique. Je ne peux accepter qu’ils soient victimes de la manipulation de la masse et de l’exacerbation des sentiments religieux. Je ne peux accepter qu’ils servent de bouc-émissaire à la haine des élites et à la lutte des classes que certains veulent ranimer. Faire porter le chapeau des derniers incidents aux seuls artistes m’est tout simplement intolérable. Non, c’est la manipulation et la traîtrise de ceux qui attisent le feux qu’il faut condamner avant tout. Ce sont les maux dont souffre ce pays qu’il faut condamner et c’est le langage de vérité qu’on doit tenir aux Tunisiens.

Mon pays est malade de pauvreté. Mon pays est malade de corruption. Mon pays est malade de chômage. Mon pays est malade de sa crise de valeurs. Mon pays est malade d’individualisme. Mon pays est malade d’hypocrisie sociale. Mon pays est malade du nivellement par le bas de son éducation. Mais mon pays se bat, avec ses excés de fièvre, avec ses convulsions, avec ses crises hémorragiques. Il se soigne parce que, quand

notre peuple vigilant et mobilisé a enfin goûté à la liberté, il ne la cédera plus.

Je me suis engagée en politique pour contribuer à la réalisation d’un rêve : faire accéder tout un chacun à une vie digne, à un travail, à des soins de santé, à une éducation de qualité, à la culture, à des droits respectés, et celà par une meilleure répartition des richesses et par une meilleure gouvernance. Je me suis engagée en politique, parce que j’ai considéré que mon pays avait besoin de toutes ses forces vives pour se reconstruire, en me jurant de rester fidèle à mes valeurs et principes, à l’intégrité, à l’éthique, à l’acceptation de l’autre, au dialogue, aux martyrs et blessés qui se sont sacrifiés pour ce rêve. Etait-ce utopique? Etait-ce idéaliste? Etait-ce candide? Le chemin est long, la tâche est rude, le doute constant, l’équation difficile, la désillusion menaçante, mais comme toujours, l’espoir est permis.

T.H

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1 comment to L'espoir est permis…

  • Mambo Diwwa

    Et vous vous êtes engagé(e) dans quel parti pour faire de la politique?
    Car je n’en connais aucun qui appelle à  » l’intégrité, à l’éthique, à l’acceptation de l’autre, au dialogue, aux martyrs et blessés qui se sont sacrifiés pour ce rêve « 

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